Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de beninpresse

Le blog de beninpresse

La revue de presse en ligne des journaux du Bénin

Après leur conférence de presse manquée du vendredi dernier : Les étudiants préparent une riposte (L’Uac à nouveau en crise ?)

On s’attendait à les voir courber l’échine. Les responsables étudiants de l’université d’Abomey-Calavi entendent mener la lutte quoique cela puisse leur couter, apprend-on de sources proches des organisations estudiantines. Après l’interdiction de leur conférence de presse du vendredi dernier, ils peaufinent de nouvelles stratégies. S’achemine-t-on vers une nouvelle crise ?

La couche estudiantine ne décolère pas. L’interdiction de leur conférence de presse du vendredi dernier est un nouvel argument dans l’assiette. Face à l’intervention des policiers dont ils ont été victimes vendredi dernier alors qu’ils organisaient une rencontre avec les hommes des médias, les étudiants menacent de passer à la vitesse supérieure. Très remontés contre cet acte, ils entendent se faire entendre et réclamer ce qu’ils considèrent comme des acquis à préserver. Contactés par téléphone vendredi soir, ils affirment que la décision avait clairement précisé que les regroupements et autres activités n’étaient inédits que sur le campus. Mieux, la ministre de l’enseignement supérieur  avait fait savoir qu’ils pouvaient se retrouver hors du territoire de l’Uac. C’est donc pourquoi ils considèrent l’action des forces de l’ordre, comme «une provocation» qu’ils ne sauraient laisser passer. «Nous devons nous lever contre la mort programmée de la liberté d’expression», affirment-ils. Sans grandes précisions, ils disent préparer la riposte avec minutie. Les prochains jours nous en diront davantage.

L’Uac à nouveau en crise ?

Tout porte à croire, que l’Université d’Abomey-Calavi tend vers une nouvelle crise. Les organisations estudiantines ne comptent plus se taire face au long silence du gouvernement suite aux dernières décisions rectorales, et surtout depuis l’interdiction de toutes activités qu’on leur a imposée. Dans leur escarcelle, ils enregistrent chaque jour une nouvelle source de motivation pour engager le bras de fer. «Nous ne pouvons pas continuer d’encaisser indéfiniment des frustrations ; notre réaction sera sans mesures», menacent-ils. Pour l’heure, on apprend que des étudiants sont commis pour sonner la mobilisation des leurs, vu que les organisations sont interdites de regroupements et d’activités. Obligées d’agir comme des plantes sous-jacentes, celles-ci dont les activités ne sont plus connues et donc facilement contrôlables, risquent de surprendre les autorités si une veille n’est pas organisée et de façon pérenne.

Négociations

Et si les deux parties retournaient à la table de négociation ? Le climat délétère instauré par la longue crise de l’année dernière et entretenu par les décisions du rectorat et du gouvernement, n’est guère du genre à favoriser la formation des futurs cadres. Entre psychose et désespoir, des apprenants de ce haut lieu du savoir, peinent à véritablement se faire former. Pour Vanessa, étudiante en 3ème année de linguistique, «la situation est intenable». Elle plaide pour un retour au calme afin que sa formation se déroule dans la quiétude. Une requête soutenue par Modeste, étudiant en 2ème année de géographie qui dit n’aller au campus que lorsqu’il a cours désormais : «je ne fréquente plus les bibliothèques de l’Uac ; j’ai peur d’aller au campus numérique, car on ne sait jamais à quelle heure ça peut dégénérer. Je souhaite que le rectorat appelle les étudiants pour discuter avec eux». Même son de cloche du côté de cet enseignant au département de philosophie qui a requis l’anonymat : «le mieux, c’est de discuter avec les étudiants. On contribue à fructifier leur imagination en terme de création d’organisations secrètes, et cela pourra bien nous être préjudiciable», déplore-t-il. Face à cette peur ambiante, les autorités rectorales et gouvernementales devront crever l’abcès et trouver une solution définitive à cette crise qui risque d’être cyclique. L’avenir de l’élite de demain en dépend. 

Désiré G. TCHOKPONHOUE, Le Quotidien

Après leur conférence de presse manquée du vendredi dernier : Les étudiants préparent une riposte  (L’Uac à nouveau en crise ?)

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article